La lumière d'Opio, et ce qu'elle demande aux fenêtres
Opio est un village de collines, entre Valbonne et Châteauneuf-Grasse, posé au milieu des oliveraies. Les maisons y ont souvent des ouvertures hautes et étroites côté nord, et de grandes portes-fenêtres côté sud. Cette dissymétrie est la première chose que nous regardons en entrant. Une pièce exposée au sud reçoit une lumière franche pendant sept ou huit mois de l'année, et cette lumière chauffe, décolore les tissus et fatigue les yeux en fin de journée. Une pièce au nord reçoit au contraire une clarté douce et constante qu'il ne faut surtout pas étouffer sous un tissu trop épais.
Le rôle des textiles de fenêtre n'est donc jamais seulement décoratif. Ils règlent la température de la pièce, la façon dont on y voit, et le degré d'intimité par rapport au chemin ou au jardin voisin. Dans une maison de village où les façades se font face à quelques mètres, ce dernier point compte souvent plus que tout le reste.
Voilage, rideau, doublure : ce que fait chaque couche
Nous travaillons presque toujours en deux couches, parfois trois. La logique est simple et elle se retient facilement.
Le voilage est la couche la plus proche du verre. Il filtre, il diffuse, il brouille la vue depuis l'extérieur sans supprimer la clarté. Un bon voilage en lin lâche ou en gaze de coton donne à la lumière un grain particulier, presque poudré, que le verre nu ne produit jamais.
Le rideau est la couche lourde. Il se ferme, il isole du froid en janvier et de la chaleur en juillet, et il apporte la couleur. La plupart du temps il reste ouvert, drapé sur les côtés, et il travaille alors comme une bordure textile qui encadre la fenêtre et allonge le mur.
La doublure est facultative mais décisive dans le Sud. Une doublure occultante dans une chambre change la qualité du sommeil dès le mois de mai. Une doublure simple, non occultante, suffit dans un salon et protège surtout le tissu de la décoloration.
Les matières que nous choisissons pour la Côte d'Azur
Le lin reste notre matière de référence, et pas seulement par habitude. Il respire, il régule l'humidité, il tombe avec un poids naturel qui ne ressemble à rien d'autre, et il vieillit bien. Un lin lavé accepte les plis, ce qui est une qualité ici, parce que personne ne repasse des rideaux de trois mètres.
Le coton, en gaze ou en voile épais, coûte moins cher et se lave plus facilement. Nous l'utilisons volontiers dans les chambres d'enfants et les cuisines, là où le tissu vit et se salit.





