Pourquoi le sol change tout à l'arrière-saison
Une pièce se juge d'abord par ce qui se passe en bas. Un carrelage nu renvoie le son, renvoie la lumière et renvoie le froid. On peut ajouter des coussins, des rideaux épais et trois lampes, la pièce restera sonore et un peu dure tant que le sol reste nu. C'est une question de physique autant que de décoration : les fibres absorbent les aigus, retiennent l'air et ralentissent la sensation de fraîcheur sous les pieds.
Dans les maisons de la région, cet effet est amplifié. Les tomettes, la pierre claire, les grands formats posés dans les années 2000, tous ces sols sont pensés pour la chaleur de l'été. Ils font leur travail admirablement de juin à septembre. Puis vient octobre, et la même pièce qui semblait fraîche et calme devient simplement froide.
Le tapis est la seule pièce de mobilier qui agit sur trois sens en même temps : la vue, le toucher et l'ouïe. Nous le posons donc avant d'acheter quoi que ce soit d'autre.
La laine, pour la douceur et la chaleur
La laine reste notre matière de référence quand une pièce doit être confortable pieds nus. Elle est dense, légèrement mate, et elle absorbe la lumière au lieu de la renvoyer. Sur la Côte d'Azur, où le soleil d'arrière-saison entre encore bas et fort dans les pièces plein sud, cette qualité compte plus qu'on ne le croit. Un tapis brillant crée un voile lumineux désagréable en fin de journée, une laine ne le fait jamais.
La laine a aussi une mémoire. Elle reprend sa forme après le passage d'un meuble, elle résiste au piétinement d'une entrée, et elle vieillit en s'adoucissant plutôt qu'en se fatiguant. Un tapis de laine noué à la main tient trente ans dans une maison de famille. Un tapis synthétique tient cinq ans et se met à briller aux endroits de passage.
Nous conseillons une laine épaisse et un peu irrégulière pour les salons et les chambres, et une laine tissée plus plate pour les salles à manger, où les chaises doivent glisser sans accrocher. Le prix est plus élevé au départ. Ramené à l'année, il ne l'est pas.
Le jute et le sisal, pour ancrer la pièce
Le jute joue un rôle différent. Il n'est pas là pour le confort, il est là pour poser la pièce. Sa trame tressée, un peu rêche, donne une base neutre et vivante sur laquelle tout le reste se lit mieux : un canapé en lin, une table en chêne, une céramique de Vallauris.
Nous l'aimons particulièrement dans les maisons très claires, celles où les murs à la chaux et les grandes ouvertures donnent parfois une impression de flottement. Le jute ancre. Il apporte au sol une couleur de paille chaude qui rappelle les collines derrière Mouans-Sartoux à la fin de l'été.





